- Éditeur
- IRSTEA
- Auteur(s)
- Christophe Laplace-Treyture, Marie-Christine Peltre, Élisabeth Lambert, Sylvaine Rodriguez, Jean-Paul Vergon, Christian Chauvin
- Année de parution
- 2014
- Nombre de pages
- 206
Il a d’ailleurs souvent une acception négative, synonyme de nuisance aux activités, ou une déconsidération des milieux en question : la prolifération d’« algues » gêne les pêcheurs, colmate les crépines et les prises d’eau, empêche de se baigner, limite la navigation des petites embarcations de loisir, forme des tapis qui dérivent et s’accumulent en amas peu engageants sur les seuils et les blocs.
Cette méconnaissance des milieux aquatiques, traduite par cette perception négative, est entretenue par la confusion née du langage des pêcheurs qui qualifient de « mousse » les touffes d’algues vertes et d’« algues » les plantes supérieures hydrophytes. Il est vrai que la nature même de l’appareil végétatif - thalle de forme peu définie, colonies filamenteuses portées par l’eau ou discrétion des pellicules du biofilm benthique - maintient le monde des algues éloigné de la connaissance du plus grand nombre.
Ces végétaux sont pourtant les éléments premiers de l’édifice biologique, maillon trophique indispensable au fonctionnement et à l’équilibre des systèmes aquatiques. D’abord considérés sous l’angle de végétaux proliférants, résultat de l’eutrophisation accélérée des cours d’eau, l’intérêt qu’ils ont suscité de la part des hydroécologues portait surtout sur la nécessité d’identifier les composantes de la biomasse végétale produite par ces mécanismes témoins de dysfonctionnements trophiques (Peltre et al., 1997).